Biographie, épisode 11 : Le permis de conduire

Jusque dans les années soixante, les candidats passaient l’examen au volant de leur propre véhicule…


Monsieur M. raconte : «  La guerre est arrivée, j’ai décidé de passer le permis de conduire. Mon père avait déjà une voiture que je conduisais régulièrement. Je me suis donc rendu à Saint-Étienne au volant de sa voiture. L’examinateur m’a demandé où était mon moniteur. De moniteur, je n’en avais jamais eu  ! J’ai prétexté qu’il était parti à la guerre : “Asseyez-vous”, me dit-il. Je démarre et je cale  ! Peut-être la pression de l’examen… Je tire le démarreur et je redémarre.

Puis j’ai exécuté ce qu’il me demandait de faire : “Tournez à droite, tournez à gauche…” Quand ça a été fini, il m’a donné le papier. »


Monsieur F. raconte : (1939) «  J’ai appris à conduire sur la traction. J’ai passé mon permis à 19 ans. À cette époque, nous passions le permis à Bourgoin, chez Falcoz, après trois ou quatre leçons de conduite.  »


Monsieur B. raconte : «  En 1957, j’ai passé mon permis voiture. Monsieur B. m’a prêté sa 4 CV Renault pour me rendre à l’examen du permis, à Bourgoin. J’ai échoué à l’examen. Je suis rentré au volant de la 4 CV sans mon permis…  »


Madame R. raconte : (1959) «  Je n’avais pas encore mon permis de conduire, mais nommée quelques jours plus tard à Grasse, je me suis aussitôt inscrite à une auto-école locale. Après dix leçons de code et conduite sur une 4 CV j’ai passé l’examen. Je l’ai obtenu dans des circonstances assez rocambolesques. L’inspecteur m’avait entraînée dans un itinéraire qui nous a fait nous retrouver en pleine campagne, loin de toute habitation et même du moindre panneau indicateur. Au bout d’un certain temps, il m’a demandé de retourner à Grasse, à notre point de départ. Ne connaissant pas du tout la région, puisque je venais d’y arriver, je lui avouai que je ne savais pas du tout où nous nous trouvions et comment nous pouvions revenir. Comme il était aussi perdu que moi, nous avons fini par revenir après plus d’une heure d’errance dans le secteur. Le moniteur de l’auto-école, qui ne nous avait pas accompagnés et qui connaissait le relief accidenté de la région, était blanc de peur, pensant que nous avions fini dans un fossé… Est-ce la raison pour laquelle, puisque je l’avais ramené à bon port, ledit Inspecteur m’avait délivré immédiatement ce fameux Permis  ? C’est une question que je me pose encore…  »