Intervention publique à l’occasion de la sortie du livre Histoire et Mémoires de Satolas-et-Bonce

C’est avec grand bonheur que je me joins à l’équipe municipale pour vous présenter l’aboutissement de sa volonté depuis longtemps exprimée de voir posées sur le papier l’histoire et les mémoires de votre village. Ce fut celle d’abord de Brigitte Marcelo et Jean Besson, ce fut celle renouvelée de la nouvelle équipe municipale représentée par Damien Michallet et au sein de laquelle Véronique Canet a été mon interlocutrice.

Ce livre est le résultat de deux années de travail. Je peux vous assurer que je n’ai pas ménagé mes efforts pour qu’il soit le plus complet et le plus agréable à lire.

Il a nécessité de nombreuses rencontres et recherches dans les archives. Je dois dire que Satolas-et-Bonce est particulièrement bien dotée en la matière. Les documents ont été conservés en très bon état et il est possible aujourd’hui d’y trouver des manuscrits datant de la Révolution, ce qui est tout à fait remarquable. J’ai eu grand plaisir à parcourir ces documents, et en tirer les faits importants pour l’histoire de ce village.

Je suis également allée à la rencontre d’habitants. Je dois dire que tout le monde a joué le jeu de ce parcours collaboratif. Chacun a pu apporter sa pierre à l’édifice par un témoignage ou une photo tirée d’un vieil album. Bien sûr, j’ai dû limiter le nombre de mes visites. J’espère néanmoins que les personnes que je n’aurais pas rencontrées retrouveront leurs souvenirs intacts ou presque.

Archives et rencontres sont donc les deux composantes qui m’ont permis d’arriver à ce résultat, c’est-à-dire à un livre traitant tout à la fois de l’histoire très ancienne de Satolas-et-Bonce, l’histoire rurale, artisanale et commerçante, l’histoire civile et religieuse jusqu’à nos jours.

Il émerge de cette rétrospective quelques éléments essentiels du patrimoine actuel : les pierres à cupules, le château, les croix des chemins, le nom des rues et de la place publique, et ce que nous avons tendance à négliger, mais qui est constitutif de l’identité de ce pays : les mûriers ou les maisons en pisé.

Pourtant, il faut le dire, et je le répète à la sortie de chacun de mes livres, certains d’entre vous seront déçus. Pourquoi ?

Mon activité m’amène à travailler avec les particuliers qui souhaitent transmettre leur histoire de vie, ce qu’on appelle un peu pompeusement leur biographie. Souvent, la personne s’inquiète de devoir concentrer en quelques pages une vie très riche en événements…

Que dire alors d’un récit qui regroupe un village tout entier sur plusieurs siècles ? Chacun comprendra aisément qu’en 300 pages, on ne peut avoir qu’une vision très partielle de ce qui s’est réellement passé ici.

Voilà pourquoi certains resteront sur leur faim. Je les entends déjà, maugréant, lancer un : « Il aurait fallu dire ceci, ça ne s’est pas passé ainsi… ou elle n’a pas parlé de cela… »

Je serai la première à les entendre et à déplorer ces défauts. Mais c’est le propre de la mémoire que d’être sélective et d'apprécier différemment une histoire commune… Malheureusement, c’est lorsqu’on tient le livre entre ses mains que l’on comprend comment, et ce qu’il aurait fallu exprimer au moment de son élaboration.

Ce que je peux affirmer ce soir, c’est ma volonté permanente d’être allée au plus près des interrogations, des crises, ou de la pensée dominante des différentes époques que le livre traverse, même si bien sûr, d’autres choses auraient pu être écrites.

Je laisse aux personnes qui le souhaitent le soin de mener ce complément d’enquête qui leur permettrait de constituer le volume II des aventures de Satolas-et-Bonce.

Pour l’heure, je souhaite à tous une excellente lecture.