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ENCORE UN LIVRE SUR 14-18 ?


Oui, encore un… mais celui-là me semble un peu différent, parce qu’il sort des images largement répandues sur cette guerre.

Oui, bien sûr les tranchées, l’horreur et l’indicible vécus par nos bons poilus… oui, les lettres retrouvées dans les greniers de nos grands-parents…

Oui, mais.

Ce livre ne parle pas de cela. Il évoque la vie à Bourgoin-Jallieu à la Belle époque, de toutes les belles initiatives du moment, tant industrielles que culturelles. Il parle des premiers cinémas, des spectacles, des premiers meetings aériens, des places publiques bondées et de l’insouciance d’une décennie qui touchait du doigt le bonheur.

Il parle des premières heures d’affolement après l’affichage de la mobilisation, des préparatifs, de la foule qui converge vers la gare, de la séparation et du grand vide qui s'installe... des soupes populaires, des hôpitaux qui s'ouvrent à tous les coins de rue, des ambulances et trains de blessés… vision d’horreur à Bourgoin-Jallieu, vision nouvelle de jeunes hommes réduits à rien, aux souffrances insoutenables, qui rappellent chaque jour à ceux qui restent au pays que celui qu’on aime est en train de subir le même sort… et que peut-être même est-il déjà mort.

Il expose comment Bourgoin-Jallieu a résisté pendant quatre ans, dans quel état d’esprit les femmes et les hommes de l’arrière, ceux à qui l'on reprochait presque de n’être pas en première ligne ont tenu, ont résisté à ces épreuves, aux violences physiques et psychologiques ; et malgré l’idéologie patriotique égalitaire des premiers jours, comment les semaines, les mois et les années ont transformé cette guerre en une véritable lutte de classes.

C’est précisément parce que j’ai laissé intacts certains écrits et paroles de Berjalliens, parce que j’ai exhumé du Moniteur de Bourgoin les actualités locales de l’époque, que tout cela rejaillit soudain dans une authenticité plus palpable. J’ose en tout cas l’espérer.

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